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Le vignoble du Jura, l'un des plus vieux de France …
Le premier personnage célèbre à parler des vins du Jura dès le Ier siècle après Jésus-Christ fut le Consul romain Pline le Jeune. Le vignoble jurassien prendra d'ailleurs son essor sous l'impulsion des Romains et les perles viticoles jurassiennes que sont Arbois, Château-Chalon et l'Etoile seront déjà citées pour leurs qualités au cours du premier millénaire !
… à l’origine de l’œnologie
Enfant du Jura, le savant Louis Pasteur vécut à Arbois, petite ville à laquelle il restera très attaché… Sur une vigne acquise à la fin du XIXème siècle, il procéda à des travaux qui lui permirent de comprendre les mystères de la fermentation alcoolique. Les résultats de ses expériences apportèrent à la médecine un remède aux maladies infectieuses : la pasteurisation, mais sont aussi à l'origine de la science du vin, l'œnologie !
Arbois, première AOC viticole française
À la fin du XIXème siècle, 20 000 hectares de vigne s’étendent dans tout le département mais elles seront affectées par les guerres et détruites par le phylloxéra. C’est alors qu’intervint Alexis Millardet, un ampélographe jurassien qui développera l'hybridation des cépages pour obtenir des plants résistants au phylloxéra. Quelques 2 000 ha de vigne de nouveaux cépages immunisés seront alors replantés avec courage par les vignerons jurassiens, avec de nouvelles méthodes d'exploitation et de taille... Tous ces efforts furent récompensés avec l’obtention de la première Appellation d’Origine Contrôlée à Arbois en 1936, trois autres suivront quasi-immédiatement.
Dans les années 1970, la surface viticole est bien en-dessous de ce que peut supporter le territoire. Henri Maire, qui possédait alors la plus grande surface viticole à l'époque va insuffler une nouvelle dynamique : il permet la replantation de nouveaux cépages AOC incluant des contrôles accrus de la qualité et participe à la création d’une formation vitivinicole pour l’installation des jeunes.
Une personnalité inégalée
Le vignoble jurassien, si l’est l’un des plus petits en France avec une superficie de 1 850 ha, est aussi parmi les plus originaux de par la personnalité typique et l'excellence de sa production viticole.
Mais il se caractérise également par une grande diversité des terroirs : 5 cépages, 6 AOC et environ 200 exploitations professionnelles aux profils variés pour des vins constituant la plus large palette qu’un vignoble puisse offrir.
La notoriété des vins du Jura s’appuie depuis toujours sur cette image forte de terroir et sur la préservation de pratiques culturales et œnologiques traditionnelles : outre le climat, le sous-sol et les cépages, le savoir-faire du vigneron prend ici une part prépondérante dans les choix de vinification et d’élevage.
5 cépages pour 6 AOC
Cinq cépages de vigne différents sont cultivés dans les vignobles du Jura : le Trousseau et le Ploussard ou Poulsard (vins rouges et rosés) spécifiques du Jura tout comme le Savagnin (vin blanc) ; le Pinot noir (rouge) et le Chardonnay (blanc.)
Ils permettent de produire, entre autres, les six AOC suivantes :
Arbois, ville médiévale et capitale officielle du vignoble depuis 1986, est en outre la première AOC de France à avoir été retenue par le législateur.
Côtes du Jura est l'appellation générique du vignoble, elle englobe une bonne soixantaine de villages viticoles qui ont tous ont leur charme et leur terroir propre.
Château-Chalon est le berceau du vin jaune qui est le seul à avoir droit à l'appellation, sur 50ha.
Etoile : Cette appellation produit seulement un vin blanc au goût de terroir très personnel.
Macvin du Jura : il appartient au club français très fermé des vins de liqueur d’AOC.
Crémant du Jura : La production de vins effervescents dans le Jura remonte à la fin du XVIIIème siècle, les vignerons jurassiens maîtrisaient alors déjà la méthode traditionnelle.
Des procédés et des tonalités reconnaissables
Les vins rouges sont des vins très francs qui demandent à être mis en bouteille assez tôt. Possédant une belle robe groseille, un parfum de petits fruits rouges, les rouges d'Arbois sont les plus réputés et gagnent à vieillir.
Les vins blancs, de couleur or pâle, sont bien équilibrés, ont du corps et possèdent généralement un goût de pierre à fusil typique de la région.
Les crémants blancs et rosés sont élaborés selon la méthode champenoise, un stockage de 9 mois sur lattes est obligatoire.
Le vin jaune, dont la longévité peut dépasser cinquante ans, est produit uniquement à partir du cépage jurassien appelé Savagnin. Les récoltes se font toujours tardivement, parfois après la Toussaint, ce qui a valu au vin jaune d'être autrefois baptisé vin de gelées. Les grappes surmaturées ont alors perdu une partie de leur eau et gagné en qualité, pour la suite il est le résultat d’une méthode de vinification particulièrement patiente au cours de laquelle une part de mystère œnologique intervient… A vin unique, bouteille et contenance uniques obligatoires : le clavelin de 62 centilitres.
Le vin de paille provient des plus beaux raisins choisis dans la vigne. Sa production est délicate, toutes les récoltes ne s'y prêtant pas, car le fruit doit être très mûr et très sain. On le cueille tard : en novembre, souvent après les gelés précoces. C'est un vin très liquoreux possédant un parfum caractéristique et très puissant.
Le macvin, fabriqué depuis le XIVème siècle, devenu AOC depuis 1991, est un vin de liqueur - ou « mistelle » - obtenu à partir de jus de raisin non fermenté auquel on a ajouté un tiers de marc. L'appellation d'origine, qu'il a obtenue en 1991, interdit d'y ajouter des aromates.
Les vins du Jura s’associent à merveille avec les recettes de la gastronomie franc-comtoise.
« European Destination of Excellence »
Le vignoble jurassien est une destination touristique qui se découvre, depuis 1990, au fil de la Route des vins du Jura, un itinéraire où sont inscrits près de 150 caveaux.
Depuis 2006, Geneviève Leplaideur, chargée de missions pour le CIVJ - Comité Interprofessionnel des Vins du Jura regroupant aujourd’hui environ 250 vignerons, producteurs et négociants conduit un programme de développement touristique particulièrement dynamique.
Une carte et un guide du vignoble offerts dans les offices de tourisme expliquent désormais le terroir et les cépages tout en permettant de repérer facilement tous les autres lieux à visiter : monuments, grottes… mais aussi les grands rendez-vous annuels et même les activités sportives ! De la même façon, il ne donne pas seulement les adresses des vignerons mais aussi celles des restaurateurs, hôteliers, gérants de chambres d’hôtes, des fruitières à Comté… soient 87 autres partenaires de la Route.
La récompense n’a pas tardé : depuis juin 2008, la Route touristique des vins du Jura bénéficie du label, « Destination touristique européenne d’excellence » attribué par la Commission Européenne. Elle a été choisie parmi 30 dossiers, reconnaissance de l’association du tourisme et du vin, de l’échelle humaine du site, de sa notoriété croissante mais aussi grâce à la Percée du Vin Jaune, condition indispensable à l’obtention de ce label européen. « C’est exceptionnel, nous sommes dans un des plus petits vignobles de France et nous organisons une des plus grandes manifestations », souligne la présidente du CIVJ, Marie-Christine Tarby-Maire. |