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Inventeur éclectique, sportif de haut niveau, industriel d’avant-garde, le Pontissalien Maurice Lagier s’est illustré et est à l’origine de nombreuses avancées dans de multiples domaines.
Retour sur le parcours d’une figure incontournable du territoire.
Né dans le Haut-Doubs, plus précisément à Pontarlier, en 1908, Maurice Lagier aurait pourtant dû passer toute son existence dans un fauteuil. Victime d’une très grande paralysie infantile à l’âge de 3 ans, il est condamné par les médecins à l’immobilisme forcé. Et pourtant il guérira après plusieurs mois de traitement électrique et d’exercice gymnique, un « miracle » peut-être à l’origine de son optimisme à toute épreuve et qui « dénote déjà de belles prédispositions à relever de fameux défis… »
Un industriel et un inventeur de talent
Après des études à l’école supérieure de commerce de Neuchâtel, Maurice Lagier débutera sa carrière professionnelle en succédant à son père en tant qu’avocat assureur.
Il se lance dans l’industrie dès 1947, à la tête d’une usine de 100 salariés qui fabriquent en grande série les stylos à bille Reynolds. Sous sa direction, la production de l’entreprise pontissalienne atteint 12 000 unités par jour et irrigue le marché européen.
Avec l’arrivée du plastique, Maurice Lagier se reconvertit dans le flocage industriel puis met au point un dérailleur de vélo. Doué d’un esprit pratique et d’un sens de l’observation exceptionnels, il multiplie les inventions : on lui doit le poste-combiné téléphonique robot, le niveau universel, la roulette de mesurage, etc. « Il était d’un tempérament fonceur et d’un optimisme à toute épreuve » confie Florence, l’une de ses trois filles qui se souvient avoir plus d’une fois testé les inventions paternelles comme les premiers exemplaires de remonte-pente… Des brevets développés par l’inventeur pontissalien dans sa société A.P.O.D.
Au début des années cinquante, la commune de Métabief sollicite ses talents en lui donnant carte blanche : la première station du massif jurassien inaugure ainsi son fameux télébenne dès 1953. Son génie trouvera une application tout aussi pertinente sous terre : après avoir constaté avec quelles difficulté et lenteur les ouvriers progressent dans les galeries des mines, il conçoit un système de télémines, une innovation agréée par les Charbonnages de France qui se propagera dans le monde entier. Le procédé sera ensuite développé par son fils Jacques qui lui succèdera également à la tête de la station de Métabief
La passion du sport et de sa région
Maurice Lagier était d’abord un sportif invétéré ; amateur de nouvelles sensations, il pratiquera la natation, la boxe, la gymnastique, la marche, le ski, mais aussi la compétition automobile puisqu’il remportera par exemple la course Lyon-Charbonnières en 1963.
Dès 1942, il fonde le Club Athlétique de Pontarlier qui fédère 23 clubs et 1 500 sportifs et construit avec quelques copains un télétraîneau qu’il installe sur les pentes du Larmont.
Décédé en 1996, Maurice Lagier est toujours resté fidèle au Haut-Doubs et y a largement contribué à l’essor des sports d’hiver, notamment en constituant la Société pour le développement touristique du Mont d’Or. |