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L’histoire de Roland Mesnier pourrait commencer à la manière d’un conte : « Il était une fois… le rêve américain d’un petit franc-comtois né dans une famille modeste de neuf enfants qui réussit par ses propres moyens à atteindre les sommets de la hiérarchie de l’art culinaire. »
C’est en travaillant dans les plus grands hôtels - le Savoy de Londres, le George V à Paris, le Princess aux Bermudes… qu’il a acquis les compétences pour devenir dès 1976 le chef pâtissier de la Maison Blanche à Washington !
Imagination créative et exigence
Pendant vingt-cinq ans, il a nourri les estomacs des hôtes de la Maison Blanche : pas moins de cinq familles de présidents des Etats-Unis d’Amérique - Carter, Reagan, Bush père, Clinton, Bush fils - mais aussi de tous les chefs d’Etat étrangers et personnalités qui ont été reçues lors des grandes réceptions organisées par la présidence américaine.
Au-delà de l’image mythique de la Maison Blanche, son univers est aussi « dur, pas toujours très sain et stressant. » De plus, contrairement à ce que l’on pourrait croire « la Maison-Blanche possède des cuisines minuscules, toutes simples et pas modernes du tout… Je minutais tout à l’avance, même le temps du trajet jusqu’à la salle à manger. » Résister aussi longtemps à un rythme de vie si haletant et à un tel niveau de stress est un exploit, surtout quand on sait qu’en vingt-cinq ans, il n’a jamais réalisé deux fois le même dessert !
Pourtant, malgré ces conditions de travail qui l’ont «laissé lessivé», Roland Mesnier affirme qu’il resignerait immédiatement si c’était à refaire. Et il n’a que des louanges à adresser à toutes les familles présidentielles qu’il a servies. «Je les ai tous aimés. Mais je reconnais que j’ai éprouvé un grand attachement pour Reagan."
Profitant désormais d’une retraite bien méritée, ce Franc-Comtois exceptionnel a vécu, depuis les cuisines d’un des centres mondiaux du pouvoir, les grands événements qui sont aujourd’hui inscrits dans le marbre de l’Histoire américaine comme la Guerre du Golfe et la libération du Koweït en 1991 ou encore le coup de tonnerre du 11 septembre 2001, mais aussi les Jeux Olympiques d’été à Atlanta en 1996 et ceux d’hiver à Salt Lake City en 2002.
Du conte au livre
Sa success story, il la raconte dans Sucré d’Etat, Mémoires du pâtissier français de la Maison Blanche, paru en 2006 aux éditions Flammarion. Ce livre, il l’a coécrit avec simplicité et humour avec son ami Christian Malard, lui aussi franc-comtois, lui aussi fréquentant les grands politiques du monde… |